Les bourgeons

 

L'utilisation des bourgeons en phytothérapie consiste à les récolter avant éclosion et de les faire tremper dans un macérât une heure après et ce, pendant plusieurs jours pour obtenir un complément alimentaire que l'on prend sous forme de goutte. Cette technique s'appelle aujourd'hui la gemmothérapie.

 

Le mot « gemmothérapie » vient du latin « gemmae » signifiant « bourgeon », du grec « therapeia » signifiant « cure ». On parle donc de cure par les bourgeons. Cette méthode permet d’utiliser des tissus végétaux vivants à caractère embryonnaire tels que les bourgeons frais, les jeunes pousses, les radicelles, l'écorce interne de racines ou encore de tiges. Les cellules embryonnaires ou « cellules souches » de ces tissus végétaux contiennent toute la puissance énergétique et toute l'information génétique de la future plante. C'est ainsi un concentré d'informations. C’est une thérapie naturelle que certains spécialistes ont définit comme la «phytothérapie cellulaire énergétique globale».

 

Le respect de l'arbre

 

La cueillette doit respecter des critères strictes. Surveiller la santé de l'arbre est aussi importante que la quantité de bourgeons à récolter. Ainsi, on récolte seulement un tiers des bourgeons d'un même arbre et on ne récolte les bourgeons du même arbre avant trois années. La récolte s'effectue fin mars début avril jusqu'au mois de juillet en fonction des espèces.

 

Les origines

 

L'utilisation des bourgeons remonterait à l’Égypte Ancienne où il est mentionné qu'en eux se trouve l'essence de la vie. Plus tard, on retrouve un écrit de Pline le Jeune qui conseille les bourgeons de peuplier pour cicatriser les plaies. Puis il faut attendre le Moyen Age, au XIIe siècle, avec la Sœur bénédictine allemande et médecin de renom Hildegarde de Bingen qui utilisa 8 bourgeons, dont le cassis, qu'elle considérait comme la clé de voute de la phytothérapie, et surtout le peuplier noir, riche en acide salicylique, utilisé en cataplasme pour soigner les douleurs rhumatismales.

 

La gemmothérapie fut redécouverte par le médecin Belge Pol Henry en 1962, dont ses recherches ont été inspiré  par Niehans, un confrère qui travaillait dans les années 50 sur les cellules souches animales. Le Dr Pol Henry réussit à mettre au point une méthode permettant d'extraire la quintessence du bourgeon. Pour cela, il préconise la macération des bourgeons et jeunes pousses dans trois solvants différents mais parfaitement complémentaires. L’eau, l’alcool et la glycérine. Il démontra que ces extraits de bourgeons trouvent leur intérêt dans le domaine thérapeutique procurant une action lente et profonde sur le système immunitaire.

 

Les premiers tests cliniques

 

Le premier extrait de bourgeon étudié fût celui du bouleau pubescent. Il démontra que ce macérât glycériné active les macrophages du foie et permet le drainage des cellules de Kupffer ayant stocké du carbone colloïdal. Ainsi, le Dr Henry, avec un travail remarquable d’une vingtaine d’années, avec des analyses biologiques, des tests cliniques et des études expérimentales confirma les extraordinaires propriétés des bourgeons. Il l'appela la phytembryothérapie. C'est le Dr Max Tétau qui donna plus tard le nom de gemmothérapie et une application plus du domaine de l'homéopathie que de la phytothérapie.

 

En tout cas, ce n'en est pas moins une méthode novatrice qui trouve ses bases sur les caractéristiques du malade, les observations cliniques et la position phytosociologique de l'arbre ou l'arbuste dont les bourgeons ont été utilisé.